Raconte moi un métier avec Michel Girard

1/ Pourriez-vous nous raconter ce qui vous a fait devenir décorateur sur métal ?

Les circonstances de la vie m’ayant fait dévier d’une vocation de travail manuel, à un certain moment, j’ai été rattrapé par ce besoin. C’est à 52 ans que j’ai quitté l’industrie métallurgique et mécanique pour me consacrer entièrement à la coloration de l’acier afin d’obtenir des œuvres décoratives.

 

2/ Pourriez-vous nous parler de l’origine de votre métier et depuis quelle époque existe-il ? Et aujourd’hui ?

De tout temps, la coloration du métal par la chauffe était connue. Mais cette coloration n’était pas forcément la bienvenue et on l’effaçait afin d’obtenir un travail  » propre « . Connaissant les propriétés physiques de l’acier, j’ai voulu  » exploiter  » ces couleurs et pour ce faire inventer une technique qui fonctionne depuis plus de 25 ans.

 

3/ Quelles sont les qualités requises pour ce métier ? Et quelles compétences spécifiques se développent avec l’expérience ?

Pour exercer ce métier, il faut être très méticuleux, rigoureux et surtout avoir la vue d’ensemble du travail terminé dans sa tête afin de ne pas  » sauter  » les différentes étapes. La parfaite connaissance du métal est également indispensable.

 

4/ Quelle différence faites-vous entre un artiste, un designer et artisan d’art?

Je ne prononce pas sur  » ce qu’est un artiste « , car cette appellation est trop  » galvaudée  » à mon avis. Un designer est quelqu’un qui a des idées et les fait exécuter (souvent) par les autres. L’artisan d’Art, quant à lui, a d’une part (souvent) des idées et en plus, la technique pour les réaliser.

 

5/ Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui souhaitent entreprendre ce métier ?

La passion liée à la patience devient le moteur qui permet de progresser.

 

6/ Un souvenir inoubliable que seul votre métier a pu vous offrir ?

Au départ de mon activité, j’ai rencontré un américain spécialiste de l’Art Nouveau (sur lequel je travaillais beaucoup). Il m’a fait remarquer que l’acier était un métal  » froid « et qu’il ne correspondait pas aux représentations féminines de certains de mes tableaux. Depuis cette  » remarque  » je  » féminise  » à l’extrême les œuvres concernées et on me félicite souvent pour cette  » attention « .